31 octobre 2008
Sebastien Cauet wants to add you as a friend on facebook.
Ah ah, ça fait peur hein? Ben ça peut arriver, sur cette plateforme infernale appelée : facebook ( nan ça suffit, tout le monde l'a déja faite celle là: fesse bouc ). Le principe est simple, on s'inscrit, on met une photo, et hop! On en est. Ensuite, on dévoile toute sa vie perso à une interface qui met en confiance parce qu'elle parle en anglais et que l' anglais tout de suite ça fait "management & so glamour".
Le but... en fait y a pas de but. Des gens t'envoient des demandes " d'add as a friend", on dit ok, ou alors on ignore. Liberté . Après on peut spécifier son status, écrire ce qu' on veut sur soi, ou sur ...soi, les autres réagissent ou non, et parfois, certains te POKE(nt). Kesako POKE? Ben c'est rien, c'est juste qu' on te tape dans le dos, faut aimer se faire taper dans le dos. Sinon on peut aussi " join a group " mais le souci c'est qu' apres, tous tes "friends " sont au courant que tu as joined le groupe " fan de johnny " ou que tu attends la sortie du "Transporteur 3". C'est ça le principe, c'est de mettre tout le monde au courant d'un truc que d'habitude tu te dis que dans ta tête. ( Edvige à côté c'est de la margarine voyez).
Ce qui peut également arriver, c'est que d'anciens camarades de classe que vous détestiez vous pechent et tentent une approche; si vous etes malins, à : coucou, vous répondez juste : coucou. Et là normalement c'est tranquility on planet earth. Sur un plan pro ça peut s'avérer pas dégueu, j' ai fait pas mal de rencontres semi fructueuses, je fais l' impasse sur les lourdaux et autres lourdettes qui envoient des mails genre "hey tu peux m'écire un truc pour ça et hey tu pourrais faire un texte sur le trou qu' il y a sur ma chemise, hey t'écris bien toi, t'écrirai sur mon père et son alcoolisme? Bon hey oh, primo je suis pas une machine, et secondo puis ça ressemble vachement aux gens qui pensent que parce qu'on est clown on se doit de ne raconter que des conneries tout le temps, "allez toi t'es marrant, tu nous racontes une bonne blague! Non mais je rêve. Et sur le ton de l'ordre en plus !
Sinon dans un autre genre, y a les blaireaux qui prennent facebook pour meetic. En deux semaines, j' ai reçu deux invitations à dejeuner, une à diner. Mais bon, on les voit arriver, généralement leur profil picture est une photo d'eux à vingt ans, lascifs et cheveux mouillés, au bord d'une piscine en plan serré, pour qu' on voie pas l'enseigne club med au fond à droite. le plus souvent, ils s'appellent Fabio, Marco ou Jean-pierre.
Sinon, pour rester dans l'esprit "love affairs", quand on rompt avec son conjoint ou quand on emménage, ben on le spécifie dans facebook :machin is no longer listed as single , ou truc is now married avec le logo adéquat en forme de coeur éclaté ou en forme de coeur tout court si vous etes heureux. Il y a même l' alternative : its complicated, très souvent employée. Ainsi on peut observer des : truc went from married to it's complicated. Rien de nouveau en somme.
Au final, c'est en majorité (mais y a comme partout des gens sympas et honnêtes ) un méga cabas de bobos persuadés d'être over occupés, ( oui moi ça me fait marrer un type dont le status est : chuis booké à mort, je cours dans tous les sens aujourd'hui...Difficile de modifier son status en courant, j' ai déjà essayé, c'est compliqué.
ça sonne un peu comme les débuts du téléphone portable, quand les gens réglaient mal le volume sonore de leur voix histoire d'exhiber les liens sociaux ; ce phénomène s'étant tassé, fallait bien trouver autre chose. La nouveauté c'est que ça vous pompera nettement moins de fric que les téléphones mais ça vous ponctionnera un max de temps. Le crime parfait quoi. Sans mobile apparent.
28 octobre 2008
Heart shaped box
La première fois que je suis allée au cinéma, je devais avoir dans les quatre ans et j'étais persuadée que les
acteurs eux memes allaient descendre par le petit escalier blanc qu'on voit sur la photo ( click to enlarge picture and voir le gars qui fait danser des paillettes de feu) et faire leur show comme au théatre ou alors comme à une "première" glamour, voyez. Il s'agissait d'un film avec louis de funes, et pour la première fois j'allais me prendre plein les oreilles du jingle Gaumont de l' époque( pour ceux qui s'en rappellent ), une sorte d'avancée dans la nuit étoilée et puis des percussions sourdes façon tambours du bronx flippant... Saisie la gosse, vissée à son siège en feutrine, le ticket en boule au fond de la main, oubliant meme son envie de pisser, bref, c'était quelque chose le cinéma select pathé de la rue jeanne d'arc. Après j' ai enchainé, les delon, les dewaere ( oui à l' epoque on était moins regardant sur la censure et grace à ça j' ai senti la liberté, le pouvoir et merde aux dessins animés et pour info j'ai vu la zigounette de depardieu avant celle de mon père, voilà c'est dit ); ce cinoche c'était les années 80, les grandes, les uniques, le cinéma français à son apogée, des films grands, des acteurs qui avaient la dalle de jouer. ( ma nostalgie est chiante ?). Voilà, je passe ce matin devant mon endroit, mon support! Et mon cinéma à moi n'est plus qu' un ulcère géant, des ouvriers qui rigolent et je les entends parler de matches, "du real"qui ne serait plus ce qu'il était, j'entends qu' ils s'en foutent bien; un vieux type, sapé comme un conducteur de travaux ( parka marron et lunettes fumées ) montre du doigt le lino ivoire qu' il va dégommer, hey msieur, j' ai marché là-dessus et j'étais impatiente de voir ce qu' il y avait en haut, pour moi le cinéma c'est en haut! Il n' aime pas trop que je prenne des photos, on ne sait jamais, il se fait son cinoche de chantier top secret, je lui souris, c'est une arme qui en vaut une autre; l'autre là bas, il tranche bien mon petit cinéma, et l' autre là avec sa perceuse, sa foreuse à béton, il troue bien mes souvenirs. Je rallume mon lecteur mp3, et le morceau qui en sort est "heart shaped box" du groupe nirvana, un groupe décédé lui aussi, comme mon vieux cinéma, et puis kurt cobain ne me contredira pas : il n'y a qu' une boite faite d'un coeur qu' on écrase aussi facilement.
26 octobre 2008
Votre avis sur le changement d'heure ? Chuis contre.
Voilà ce à quoi je risque de ressembler pendant quelques jours, ben oui , moi le changement d'heure, ça me
perturbe. Je suis un ptit chat délicat et on mettra pas mes Brekkies dans un bol ricoré.
Non mais pi quoi aussi? Pourquoi pas le journal de 20h qui decreterait le jour qu' on serait le lendemain, imaginons les passions autour de cette encore plus grande messe que serait devenu le JT: alors attention... Mesdames et messieurs, demain nous serons...( pitié dimanche, pitié dimanche...), Jeudi !
_Oh non c'est pas vrai, je devais rendre un projet mercredi...La poisse!
_Ah ben oui, le 20h est désolé, ça vous chamboule...Mais que voulez vous c'est ça, la roue de l' infortune.
Le pire, pour revenir à des choses qui arrivent vraiment, c'est de négocier avec les gosses ( qui roulent à fond pour leur estomac ) et leur expliquer que manger des frites le matin c'est vulgaire.
Bon, ben c'est pas tout de raler, maintenant faut faire docilement le tour de l'appart pour mettre les pendules à l'heure.
Coluche. ( le film, pas le mec )
Voilà le problème : j' ai vu le film, mais pas le mec. Généralement j'attends du cinéma qu' il soit une
invitation à danser. N'ayant pas le sens du rythme, je confie alors aveuglément mes pas à celui-ci ( qui est sensé les maitriser). J'avais fait, par ailleurs, un petit pari perso sur la première image, avant-goût de l'angle sous lequel cette tranche de vie de Coluche serait traitée. J'ai exulté ! Bien sur...Démarrer un film sur les oeillades d'une belle cylindrée ça laisse rêveur et c'est vraiment ce qui s'est passé, ça a démarré... et le moteur... a calé. Plus moyen de me tirer de mon sommeil, même Coluche semblait se faire chier dans son propre rôle, aucun temps fort ( et pourtant il y en eut sûrement pléthore pendant cette fameuse campagne présidentielle ), aucune prise de risque, Coluche s'est fait saboter son carbu par un Antoine de Caunes prudent, soucieux de la limitation de vitesse, poli, préoccupé par la longévité du film, pollué par son inéluctable destin d'obtenir le graal : un césar. Bien sur il en aura, et pas qu'un, c'est certain. Je tenais à le voir pourtant, j'avais souligné deux fois aller voir Coluche dans mon agenda. ça avait l'air important. Encore une fois, la première image promettait la folie, le sens du clash mais aussi le sens de l'autre et tout ce qu' il comporte en emmerdes...Je voulais un certain ton : celui d'un Jim Morrison de l'humour, mais un Jim Morrison sympathique, altruiste, pas libre du tout et donc interessant... ( La comparaison avec Morrison semble moche mais l'esprit rock entre parfois dans des corps qu' on ne soupçonne pas ), je ne m' attendais pas à découvrir quoi que ce soit, je m' attendais à ce que ce film comporterait en humain se mette à table, pas à un paquebot ennuyeux qui naufrage mollement à quai. Je voulais le voyou.
20 octobre 2008
The flight number 23302. Las vegas-Paris : canceled.
La semaine dernière en zappant, je suis tombée sur un film de Claude Chabrol : l'ivresse du pouvoir". ça partait super bien, histoire plutot familière en ces temps troublés : fric dans les fouilles, pas vu pas pris etc... La juge c'était isabelle huppert, qui n' est quand meme pas une quiche en matière d'acting ( bien qu'elle ait par moment tiré son jeu vers une sharonstonisation pas toujours réussie, sharon c'est quand meme sharon ), le mec au détournement de pognon c'était françois Berléand, plutot convaincant, malgré un mono jeu qui reste somme toute, toujours honnête.
Bref, une sorte de huis clos pas mal fait jusqu' au moment fatidique où... Patrick " poker loose photo ci-contre " Bruel fait son apparition : phrasé précieux surjoué au possible, maladroit comme un élève de sixieme au bord du gouffre qui réciterait du Ronsard comme une last chance pour remonter sa moyenne de quatre sur vingt à la mi-juin, et là je me dis direct : mais c'est pas vrai que cette brelle va me pourrir mon film ! Eh ben si, il l' a fait, et jusqu' au bout, magistral dans sa nullité, avec un accent fantasmé du 16eme arrondissement et se deplaçant sur les pointes de pieds ambiance précieuses ridicules... Déjà qu' on les compte sur les doigts de Snoopy les bons movies français, alors, si en plus on se tire une balle dans le pied en engageant Bruel, on n'est pas prêts de plus reboire la tasse du tistique.
Mais laissez le faire mumuse avec ses cartes à jouer à Las vegas, bon sang! Qu'on l' engage dans "caméra café" ou "plus belle la vie" tout au plus, mais qu' il n' approche plus les plateaux du cinoche frenchy ! So close... On était so close...
